Getting Any ?

1995 — Takeshi Kitano

Le parcours d’Asao, drôle d'individu naïf et désespéré, dans sa quête pour s'attirer les faveurs des femmes. Le film s’articule autour d’une suite de sketchs déjantés, sur les techniques de dragues improbables et stupides de ce dernier. Sorti en 1995 entre le chef d’oeuvre « Sonatine » et le très doux « Kids return » — un coup de coeur personnel assez fort — « Getting Any? » fait office d’espace de respiration créatif, ou Kitano expérimente et renoue avec la comédie et le farcesque qu’on lui connait à la télévision japonaise sous l’alter égo de Beat Takeshi (Takeshi Castle,…). Une Bouffonnerie complètement déglingué, d’une connerie abyssale, à pisser de rire, ou à n’y rien comprendre selon les goûts.

 

The Meyerowitz Stories

Noah Baumbach — 2017

Une Chronique familiale tragi-comique pleine d'esprit, où trois frères et soeurs nés de mères différents se rassemblent à New York et affrontent leur père, un vieux sculpteur aigri et susceptible, qui leur mène la vie dure. Probablement pas le film le plus aboutis de Noah Baumbach (Frances Ha, While We're Young) , mais un film au charme certain, drôle et délicat, qui rappelle par touches la complexité des liens de « La Famille Tenenbaum » et la poésie amusante et tragique d’un Woody Allen.

 

À Couteaux Tirés

Rian Johnson — 2019

Harlan Thrombey, Célèbre auteur de polars, est retrouvé mort dans sa luxueuse propriété, le soir de ses 85 ans. Le détective Benoit Blanc, incarné par un Daniel Craig époustouflant de flegme et de drôlerie, est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire. Un Cluedo dans la droite lignée des romans d’Agatha Christie, qui fleure bon le thé à la bergamote, et qui mêle mensonges, fausses pistes et rebondissements dans un quasi huit-clos aux décors chatoyants.

Parasite

Bong Joon-ho — 2019

Un fable-thriller-comédie qui retrace le parcours d'une famille unie de gentils profiteurs, vivant dans un taudis cafardeux de Séoul, et son ascension au service de la richissime famille Park. Une critique sociale mordante, à la progression fascinante, au scénario subtil et aux images fortes. Une pépite aux allures de lutte des classes, palme d'or de cannes et oscar du meilleur film, à juste titre.

 

Le Grand Bain

Gilles Lellouche — 2018

Une comédie chorale centrée autour de la vie de Marcus, un quinquagénaire chômeur sous antidépresseurs et de son intégration hasardeuse dans un club (très) amateur de natation synchronisé masculine. Un très amusant ballet aquatique de bras cassés en slip de bain, soudés autour de leurs névroses et de leurs angoisses existentielles. Une fable aux airs de “Full Monty” à la Française, tout en mélancolie, en tendresse et en finesse.

 

Le Lac aux oies sauvages

Diao Yi'nan — 2019

Un polar nocturne et hypnotique sur la cavale d’un chef de gang cerné par la police et les truands, dans une tentaculaire banlieue du centre de la chine. Poème noir et poisseux, Le Lac aux oies sauvages pose aussi les enjeux très contemporains d’une chine à deux vitesses, où le contrôle s'infiltre dans tous les interstices, et où les classes les plus populaires baignent dans la misère et la violence.

 

Demi vie à Fukushima

Francesca Scalisi & Mark Olexa — 2016

Un documentaire sur Naoto Matsumura, dernier habitant resté à Fukushima depuis la catastrophe nucléaire de mars 2011. Dans un paysage post-apocalyptique et surréel, vidé de toute présence humaine, où la nature a repris ses droits, Naoto exprime le refus de se plier à une demi-vie.

 

Jugatsu

1990 — Takeshi Kitano

Un improbable essai sur la quotidien du jeune Masaki, antihéros silencieux, pompiste empoté et joueur de Baseball médiocre. Une fresque remplie de tableaux atypiques, rythmé entre parties de baseball, errances poétiques, et règlements de compte sanglants. Réalisé dans les jeunes années du cinéma de Kitano, Jugastu est une comédie certes inégale, mais annonciatrice des grands thèmes qui feront la saveurs de son cinéma: violence, absurde & poésie…

 

Un héros très discret

Jacques Audiard — 1996

Le portrait d’Albert Dehousse, jeune homme timide et maladroit, cherchant à combler sa frustration d’être passé à côté de la guerre en s'inventant un passé héroïque de résistant. Une imposture rocambolesque et attachante qui interroge brillamment la frontière entre mystification et réalité. « Les vies les plus belles sont celles que l’on invente ».

 

Joint Security Area

2000 — Park Chan-wook

Une enquête policière insolite et poignante, autour d'un incident diplomatique au poste frontière de la "JSA", zone de sécurité commune située à la frontière entre Corée du Nord et Corée du Sud. Troisième long métrage de Park Chan-wook qui lance véritablement sa carrière internationale, "JSA" ne sort en France qu'en 2018 et demeure assez peu connu du grand public. Un belle découverte.

 

A taxi driver

2017 — Jang Hun

Flamboyance et justesse de Song Kang-ho, (récemment remarqué dans l’excellent « Parasite »), dans cette histoire vrai d’un chauffeur de Taxi Sud-coréen et d’un journaliste Allemand durant les mouvement sociaux de Gwanju en mai 1980.

 

Le monde est à toi

2018 — Romain Gavras

L'histoire rocambolesque de François, un petit dealer de banlieue qui rêve d'une vie normale et d'un business tranquille: la revente de Mister Freeze au Maghreb. Un conte à la fois féroce et tendre, plein de dérision, qui s'impose par la force, la précision et quelque part, le grotesque de ses personnages. Un très bon (et sous-évalué) second long métrage de Romain Gavras.

 

Les Étendues imaginaires

2019 — Siew Hua Yeo

Un ouvrier de construtction chinois disparait étrangement sur un chantier de Singapore. Il est recherché par un policier insomniaque. « A land imagined » — dans sa version originale — est une hypnose nocturne et contemplative, tout en néon et en lumière tamisé, ou rêve et réalité s’imbrique fabuleusement.

 

Roma

2018 — Alfonso Cuarón

Un splendide récit intimiste en noir et blanc, remarquable par sa richesse visuelle et sonore. On y suit le quotidien de la jeune et timide domestique Cleo qui unit une famille de la classe moyenne qu’elle chérit et protège. Inspiré de l'enfance d'Alfonso Cuarón dans le quartier éponyme de Mexico, Roma est empreint d'une poésie, d’un humour, et d'une nostalgie intensément mexicaine.

 

Ça tourne à Manhattan

1995 — Tom DiCillo

Le film suit Nick Reve, cinéaste new-yorkais , qui tente désespérément de tourner son film et d’exprimer son art. Les problèmes techniques se succèdent, et les acteurs capricieux lui rendent la vie bien difficile. Une comédie pleine de saveur sur l’envers du cinéma, où Steve Buscemi endosse à merveille le rôle du réalisateur désabusé.

 

Le gamin au vélo

2011 — Jean-Pierre & Luc Dardenne

Le portrait de Cyril, gamin aussi obstiné qu’attachant qui accepte difficilement l’abandon de son père. Un passage clé de l’enfance à l’âge adulte, délivré avec tendresse et justesse. Un classique du cinéma belge, et à juste titre.

 

Get Out

2017 — Jordan Peele

Véritable thriller psychologique, Get Out est une des bonnes surprises de 2017. On y suit l’histoire de Chris, jeune Afro-américain, qui s’apprête à passer pour la première fois un week-end chez ses beaux-parents. Sa couleur de peau semble rapidement poser problème et une atmosphère de plus en plus étrange s’installe. Sous ses dehors de fable angoissante, Get Out s’avère plein de fougue, et pousse une véritable réflexion sur un racisme ordinaire plus que jamais contemporain.

 

Blade Runner 2049

2017 — Denis Villeneuve

Blade Runner 2049 est une fresque contemplative et intimiste, aux allures de rêveries. Denis Villeneuve y explore mythes et questions existentialistes, dans un héritage fidèle et cohérent du premier volet de Ridley Scott. On y découvre un monde post-apocalyptiques cerné par la neige et le brouillard, angoissant autant qu’hypnotisant, où la publicité tend à toujours plus de personnalisation. "Everything you want to Hear… Everything you want to see..."

 

Dunkerque

2017 — Christopher Nolan

Une esthétique magistrale, un traitement du temps fantastique, et une chorégraphie de plans sublimes entre le ciel, la terre et la mer.

 

The Story of Yonosuke

1987 — Hûichi Okita

Yonosuke, sa flamboyance et son maillot de bain…

 

Repo Man

1984 — Alex Cox

Un ouverture sur l'étrange Chevrolet Malibu et un policier bien trop curieux, dans une improbable fresque mêlant science fiction, univers punk et critique anti-consumériste.

 

The Square

2017 — Ruben Östlund

Cocasse et grinçant, The square aborde de fascinantes contradictions du monde de l'art contemporain. Un questionnement pétillant et caustique sur les affres d'une société égoïste et bien-pensante.

 

3 Billboards, les panneaux de la vengeance

2018 — Martin McDonagh

À l’entrée de la petite ville d’Ebbing, trois grands panneaux publicitaires, et une phrase en trois temps interpellent le shérif local sur une affaire qui piétine.

 

La Garçonnière

1960 — Billy Wilder

C. C. Baxter et ses petite techniques de cuisine bien à lui pour faire chavirer les coeurs.

 

Intervention Divine

2002 — Elia Suleiman

Une série de tableaux burlesques et ironiques sur l'absurdité de la situation géopolitique en palestine. un vivre ensemble complexe, près de jérusalem.